Qualité et moyens, deux combats indissociables pour le grand âge
La tribune publiée hier dans Géroscopie porte un message qui me tient particulièrement à cœur : le nouveau dispositif d’évaluation de la HAS constitue une avancée majeure pour notre secteur, et nous ne pouvons accepter qu’à peine ses résultats publiés, il soit fragilisé.
Depuis des années, nous réclamions un outil fiable, transparent et homogène pour objectiver la qualité de l’accompagnement des personnes âgées. Nous l’avons enfin. Ce référentiel, inspiré du modèle des hôpitaux et cliniques, a été coconstruit avec l’ensemble des acteurs – publics comme privés. Sa méthode est rigoureuse : mêmes critères pour tous, évaluations sur site par des organismes indépendants accrédités par le COFRAC, prise en compte de la parole des personnes accompagnées et de leurs familles.
Pourtant, au motif que les premiers résultats seraient trop favorables au secteur privé, certains en contestent aujourd’hui la crédibilité. Cette remise en cause est non seulement injuste pour les équipes qui se sont pleinement investies dans cette démarche d’amélioration continue, mais elle est aussi dangereuse pour l’ensemble du secteur. Fragiliser un tel outil, attendu depuis longtemps et essentiel à la confiance, nuirait à tous – aux personnes accompagnées en premier lieu.
D’autant que le contexte nous impose plus que jamais d’être crédibles et unis. Alors que s’achève la période budgétaire et que s’ouvre la campagne pour la présidentielle 2027, nous obtenons une victoire importante : le gouvernement devrait finalement renoncer, via le 49-3, à un nouveau coup de rabot de 1,5 milliard d’euros sur les allègements généraux afin de « préserver le coût du travail ». Ce combat, mené aux côtés du Medef, démontre qu’une mobilisation collective peut faire reculer des mesures qui menacent directement l’attractivité de nos métiers et la viabilité de nos établissements et services.
Ces deux combats – pour la reconnaissance de notre qualité et pour les moyens de la maintenir – sont indissociables. Nous ne pouvons défendre l’un sans l’autre. Le référentiel de la HAS nous donne enfin les outils pour prouver notre engagement au service des personnes âgées. Les moyens budgétaires nous permettent de le concrétiser au quotidien.
C’est pourquoi je le redis avec force : les besoins des personnes âgées sont les mêmes partout, tout comme l’exigence de qualité. Le secteur du grand âge a besoin de tous ses acteurs, rassemblés autour d’un objectif commun et d’un outil d’évaluation partagé. Toute tentative de nourrir une opposition stérile entre public et privé desservira les citoyens que nous accompagnons.
Jean-Christophe Amarantinis, Président de Synerpa