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Ne nous trompons pas de sujet

 

Les Français vivent de plus en plus longtemps. Une étude de la DREES vient de le confirmer : depuis 2008, l’espérance de vie a progressé de près de deux ans. C’est une bonne nouvelle. C’est aussi une certitude : demain, les personnes âgées seront plus nombreuses, leurs besoins plus complexes, leur accompagnement plus exigeant. Face à cette réalité démographique, la vraie question n’est pas de savoir qui doit s’en charger, mais comment nous allons collectivement y répondre.

Ni le plan grand âge, récemment annoncé, ni le projet de loi de décentralisation, qui a émergé ces dernières semaines, n’y répondent. Redistribuer les compétences entre l’État et les collectivités ne créera pas une seule place, ne formera pas un seul soignant, ne résoudra pas l’équation du financement. La question de la gouvernance est un débat de structure. Celui de l’accompagnement du grand âge est un défi de fond. Ne confondons pas les deux.

Dans ce contexte, certains continuent de remettre en cause la légitimité du secteur privé commercial. Les résultats de la Haute Autorité de santé leur apportent pourtant une réponse objective et mesurable. Sur la base d’un référentiel unique et exigeant, nos établissements et services affichent des performances supérieures à la moyenne nationale. Et au-delà de la qualité, c’est notre utilité même qui s’impose : présence dans les territoires délaissés, prise en charge des profils les plus lourds, contribution massive à la création de places et à l’investissement, emplois par milliers, recettes fiscales pour l’État et les collectivités. Les faits sont là.

Le climat politique reste instable. Nos interlocuteurs risquent encore de changer. Nous avons l’habitude. Malgré les attaques, malgré l’incertitude, nous restons debout, mobilisés, déterminés à défendre notre rôle et celui des milliers de femmes et hommes qui travaillent dans nos établissements et services. Face aux 400 000 recrutements à réaliser d’ici 2030 et aux investissements considérables que la transition démographique exige, l’opposition stérile entre statuts n’a aucun sens. Public, associatif, privé : c’est ensemble que nous relèverons ce défi. Notre porte reste ouverte à tous ceux qui veulent construire plutôt que diviser.

Jean-Christophe Amarantinis, Président de Synerpa