Rentrée 2027 : le sursaut ou le naufrage
La rentrée s’ouvre, et avec elle s’engage la discussion d’un budget d’une nature particulière : le dernier avant l’élection présidentielle de 2027.
Préfigurera-t-il le débat présidentiel ? Ce serait souhaitable. Depuis trop longtemps, la question du financement du grand âge reste reléguée aux marges des arbitrages budgétaires, quand elle devrait structurer nos choix collectifs pour les décennies à venir. Que ce PLFSS ouvre enfin ce débat, qu’il oblige chaque candidat à se positionner clairement sur les moyens qu’il
entend consacrer à l’accompagnement de nos concitoyens âgés, serait une bonne nouvelle pour notre secteur et, plus largement, pour notre pays.
Sera-t-il, au contraire, pris en otage par les divisions et les blocages qui traversent le pays ? C’est malheureusement le scénario auquel les dernières années nous ont habitués. Budgets rabotés au fil des tractations, textes vidés de leur portée par des arbitrages sans rapport avec les besoins du secteur, engagements pris puis différés au gré des remaniements : nous connaissons cette mécanique par cœur. Rien ne garantit que ce PLFSS y échappe.
Dans un cas comme dans l’autre, une ligne rouge demeure. À défaut d’apporter une réponse aux enjeux majeurs qui s’imposent à nous, ce budget ne doit surtout pas aggraver davantage l’équation économique des entrepreneurs qui, chaque jour, accompagnent nos aînés. Coût du travail en hausse constante, allègements de charges rabotés, réserve prudentielle qui ampute des crédits déjà engagés : les marges de nos établissements et services sont aujourd’hui à bout. Un nouveau tour de vis ne serait pas seulement injuste. Il serait dangereux pour la continuité même de l’accompagnement de millions de personnes âgées.
Nous entrons dans cette séquence budgétaire avec la même détermination que d’habitude, mais avec une exigence supplémentaire : celle de la vérité. La vérité des chiffres, la vérité des besoins, la vérité d’un secteur qui ne demande pas des faveurs, mais les moyens de continuer à remplir sa mission.
À l’approche de 2027, les candidats devront se prononcer. Ils n’auront aucune excuse pour se défausser : notre plateforme présidentielle leur donne d’ores et déjà des propositions concrètes sur lesquelles s’appuyer. Nous serons là pour le leur rappeler.
Jean-Christophe Amarantinis, président du Synerpa