Le grand âge a besoin d’entrepreneurs
Le Forum des Entrepreneurs, qui se tenait hier à Marseille, aux côtés de 3000 entrepreneurs engagés, nous a rappelé combien les entreprises sont essentielles à la vitalité de notre pays. Elles créent des emplois, investissent, innovent et contribuent chaque jour à faire avancer notre société.
Dans le secteur du grand âge, cette réalité prend une dimension toute particulière.
Car nos entreprises ne répondent pas seulement à un besoin économique. Elles remplissent une mission profondément humaine et sociale : accompagner le vieillissement de la population, préserver l’autonomie, soutenir les familles et permettre à chacun de vieillir dans les meilleures conditions possibles.
Et cette mission sera demain plus essentielle encore.
Nous le savons, notre pays s’apprête à vivre une transformation démographique majeure. Le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie va augmenter, les besoins d’accompagnement vont se diversifier et les attentes des Français continueront d’évoluer.
Cette transformation ne se fera pas sans celles et ceux qui entreprennent, investissent et imaginent dès aujourd’hui les solutions d’accompagnement de demain.
Partout en France, nos entreprises créent des emplois non délocalisables, investissent dans les territoires, développent de nouvelles formes d’accompagnement et innovent pour répondre aux besoins des personnes âgées et de leurs proches. Elles participent pleinement à la cohésion sociale et à la vitalité de notre économie.
Mais comment leur demander de relever les défis de demain si nous ne leur donnons pas les moyens d’agir aujourd’hui ?
Car, derrière les ambitions affichées pour le grand âge, il y a une réalité économique que nous ne pouvons ignorer. L’augmentation continue du coût du travail, le poids des charges, les difficultés de recrutement, l’accumulation des contraintes et l’insuffisance des financements fragilisent chaque jour davantage nos entreprises et leur capacité à investir, à se développer et à préparer l’avenir.
C’est tout le sens des combats que nous menons au Synerpa : défendre un environnement économique et réglementaire qui permette à nos entreprises de remplir pleinement leur mission. Obtenir des financements à la hauteur des besoins. Alléger les contraintes qui freinent l’initiative. Reconnaître la valeur de nos métiers et soutenir l’attractivité du secteur.
On ne peut pas faire du vieillissement de la population une priorité nationale sans faire de la capacité d’action de nos entreprises une priorité politique.
Et nous continuerons de défendre la place de l’ensemble des acteurs du grand âge, publics, associatifs et privés, dont la complémentarité est indispensable pour répondre à l’ampleur des besoins.
Défendre nos entreprises, ce n’est donc pas seulement défendre un secteur d’activité. C’est défendre des emplois, des savoir-faire, des solutions d’accompagnement et, plus fondamentalement, notre capacité collective à faire face au vieillissement de la population.
Le vieillissement de la population va redessiner notre société. À nous de faire en sorte qu’il soit aussi l’occasion de construire, d’innover et d’entreprendre, plutôt que de subir.
Jean-Christophe Amarantinis, président du Synerpa