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215 millions de raisons de ne pas se taire

 

La France traverse une crise budgétaire qui s’installe durablement, et chaque semaine qui passe en aggrave le coût humain. Six milliards d’euros d’économies supplémentaires ont été annoncés sans que l’on sache encore qui paiera la facture ni sur quoi portera le couperet. Dans ce brouillard, la campagne budgétaire en cours – celle qui doit précisément nous permettre de nous préparer au choc démographique – se déroule sous une menace permanente de révision à la baisse.

Nous connaissons la mécanique. L’an dernier, le dépassement de l’ONDAM en soins de ville avait conduit les pouvoirs publics à puiser dans la réserve prudentielle pour colmater les brèches. Cette année, le scénario se répète. C’est pourquoi le Synerpa, aux côtés de 24 autres fédérations et organisations du secteur, a signé le 21 avril dernier un communiqué interfédéral dénonçant le gel prudentiel de 215 millions d’euros sur les financements de l’autonomie, décision prise sans concertation, sur une enveloppe fermée, au mépris des besoins qui n’ont jamais été aussi pressants.

Nous ne nous en sommes pas tenus aux déclarations. Le 16 avril, nous avons rencontré Didier Jaffre, directeur de cabinet de la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Nous y avons martelé nos messages avec constance : sur la dotation soins, sur l’avenant 33, sur la situation du domicile, sur l’urgence d’une circulaire budgétaire qui donne enfin au secteur une visibilité réelle. Nos interlocuteurs ont été accessibles et constructifs. Mais l’accessibilité ne suffit pas, nous attendons des actes.

Car c’est là que réside la schizophrénie dans laquelle nous évoluons : tout le monde s’accorde à dire qu’il faut soutenir les entreprises du secteur, mais la situation budgétaire est catastrophique. On salue, par exemple, l’attention portée à la situation des grands rouleurs dans l’aide à domicile, sans voir que c’est un pansement sur une jambe cassée.

Entre l’injonction et les moyens, il manque une troisième voie, celle d’une politique assumée, financée, cohérente. Cette troisième voie doit avoir une place dans les programmes des candidats à 2027. Nous y veillerons.

Jean-Christophe Amarantinis, Président de Synerpa