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2027–2032 : le quinquennat de la dernière chance

 

Trois présidents, trois promesses. Et rien. Depuis trente ans, chaque quinquennat s’ouvre sur un engagement solennel en faveur du grand âge, et chaque quinquennat se referme sans qu’il n’en reste rien de concret. Les derniers gouvernements n’ont pas fait mieux : plusieurs plans annoncés coup sur coup, et toujours rien à l’arrivée. Nous ne pouvons plus nous permettre d’ajouter une nouvelle ligne à cette liste en 2027.

C’est ce constat, que nous connaissons tous par cœur sur le terrain, qui a motivé la publication officielle, hier matin devant la presse, de notre plateforme : « Présidentielles 2027 – Réussir le défi de la révolution démographique ».

Les chiffres ne laissent aucune place au doute. D’ici 2032, plusieurs centaines de milliers de Français supplémentaires auront basculé dans le grand âge, plus de 800 000 entreront en EHPAD, et il faudra recruter et former 600 000 professionnels pour les accompagner. Ce ne sont pas des hypothèses lointaines : ce sont des évolutions déjà écrites, que la démographie nous permet d’anticiper avec une précision rare. Il n’est donc plus temps de prévoir. Il est temps d’agir.

Le sondage Ifop que nous avons commandé pour l’occasion nous conforte dans cette conviction. Quand 87 % des Français jugent que le grand âge doit être une priorité du prochain président, et que 60 % en feront un critère de vote, ce n’est plus à nous, professionnels du secteur, de porter seuls ce combat. C’est aux candidats de s’en saisir. Et c’est notre responsabilité collective de les y « contraindre », avec des arguments solides, des chiffres incontestables et des propositions réalistes.

C’est tout le sens de cette plateforme : pas un catalogue de revendications professionnelles, mais un outil de travail pensé pour tous les candidats et leurs équipes. Une stratégie nationale grand âge adossée à une véritable loi de programmation budgétaire, pour sortir enfin de l’improvisation. Une meilleure articulation entre domicile, habitats intermédiaires et EHPAD, pour que cesse l’opposition stérile entre les solutions. Une simplification radicale des règles qui étouffent aujourd’hui nos établissements et nos services. Et des pistes de financement assumées, parce que rien ne se fera sans mobiliser, aussi, l’épargne des Français.

Nous avons également voulu, à travers ce sondage, poser aux Français les questions que le débat politique préfère fuir depuis des années : qui doit payer la dépendance ? Le tout-domicile est-il vraiment tenable ? Faut-il un recours accru à l’immigration de travail ? Qui doit gérer l’accompagnement du grand âge ? Faut-il repenser la gouvernance entre État et départements ? Sur chacun de ces sujets, les Français ont des avis construits, parfois nuancés, souvent plus courageux que ceux de leurs représentants. Il serait temps que la campagne qui s’annonce en tienne compte.

Cette publication n’est pas un aboutissement, c’est un point de départ. Nous avons rendez-vous le 26 novembre prochain, au Beffroi de Montrouge, pour inviter directement les candidats à trancher ces questions devant les Français. D’ici là, nous aurons besoin de chacune et chacun d’entre vous pour porter ces messages auprès de vos équipes, de vos réseaux, des élus de vos territoires. C’est cette mobilisation collective, plus que n’importe quel document aussi abouti soit-il, qui fera la différence.

Je veux vous redire ma gratitude. Ce que nous portons depuis des années – l’exigence, l’engagement, la conviction que le privé a toute sa place dans l’accompagnement de nos concitoyens âgés – n’aurait aucune force sans votre travail quotidien auprès de centaines de milliers de personnes âgées et de leurs familles. C’est cette réalité de terrain qui donne toute sa crédibilité à nos propositions.

Le Synerpa restera pleinement mobilisé dans les semaines qui viennent, pour porter cette plateforme et préparer l’échéance du 26 novembre, mais aussi et surtout pour continuer de vous accompagner au quotidien.

Je vous souhaite, à vous et à vos équipes, un bel été. Nous nous retrouverons à la rentrée, plus déterminés que jamais à faire du grand âge ce qu’il doit être : un projet de société.

Jean-Christophe Amarantinis, président du Synerpa