Grand âge : le mauvais calcul du budget 2027
Le PLF et le PLFSS 2027 sont désormais sur la table. Et je dois vous le dire : à leur lecture, je ressens surtout une profonde contradiction, ou plutôt une perplexité.
Depuis des mois, nous entendons parler de prévention, de virage domiciliaire, d’attractivité de nos métiers, de transformation de l’offre. Autant d’ambitions que nous partageons et que nous appelons de nos vœux. Mais encore faut-il nous donner les moyens de les réaliser.
Car on ne prépare pas l’avenir du grand âge en raisonnant uniquement à court terme.
Notre secteur n’a jamais demandé à être dispensé de l’effort collectif. Nous savons les contraintes qui pèsent sur les finances publiques et nous sommes prêts à prendre notre part. À rechercher davantage d’efficience. À transformer nos organisations. À innover. À prévenir plutôt que réparer.
Mais il y a une limite à ne pas franchir : celle qui consiste à faire des économies aujourd’hui en créant les difficultés de demain (qui s’ajouteront à celles d’aujourd’hui).
Comment recruter massivement si le coût de l’emploi augmente ? Comment investir davantage dans la prévention si les marges de manœuvre se réduisent ? Comment accélérer le virage domiciliaire si les financements ne suivent pas ? Comment transformer notre offre si chaque année commence par la recherche de nouvelles économies ?
C’est précisément là que le bât blesse.
Parce que derrière les lignes d’un budget, il y a une réalité que nous connaissons tous. Celle de nos établissements et de nos services. Celle de professionnels qui font déjà énormément avec des moyens contraints. Celle, surtout, de Français de plus en plus nombreux qui auront besoin de nous dans les années à venir.
Tout n’est évidemment pas à rejeter dans ces textes. Je salue la reconnaissance du médico-social comme secteur prioritaire pour certaines formations CPF ainsi que la consolidation de France VAE. Je me réjouis également que le crédit d’impôt pour les services à la personne ne soit pas remis en cause à ce stade. Mais ces avancées, aussi bienvenues soient-elles, ne suffisent pas à dessiner une politique du grand âge à la hauteur des enjeux.
Nous avons donc voulu faire entendre notre voix. Dans notre dossier de presse consacré au PLF et au PLFSS 2027, nous posons clairement nos alertes et nos priorités. Je vous invite à le consulter.
Ce débat commence. Et c’est maintenant que nous devons peser.
J’irai donc porter cette ligne auprès du gouvernement et des parlementaires : oui à l’effort, oui à la transformation, oui à l’efficience. Mais pas au prix de notre capacité à préparer l’avenir.
Nous avons trop longtemps repoussé les décisions nécessaires au vieillissement de notre pays. Ne commettons pas aujourd’hui l’erreur supplémentaire de fragiliser ceux qui devront y répondre.
Vous pouvez compter sur moi : je ne lâcherai rien.
Jean-Christophe Amarantinis, président du Synerpa