Le grand âge a besoin d’emplois, pas de charges supplémentaires
À l’approche du PLFSS 2027, je reprends mon bâton de pèlerin.
Parmi les sujets que nous continuerons à porter dans les prochaines semaines, il en est un qui conditionne directement notre capacité à répondre au défi démographique : le coût du travail.
Le secteur du grand âge devra recruter près de 600 000 professionnels d’ici 2035. C’est considérable. Et nous savons déjà combien les tensions de recrutement fragilisent aujourd’hui nos établissements et nos services.
Dans ce contexte, une priorité s’impose : ne pas alourdir les charges sur l’emploi.
C’est le sens du combat que nous avons mené ces dernières semaines sur les cotisations AT-MP. La réforme envisagée aurait lourdement pesé sur nos structures, avec des conséquences directes sur les possibilités d’embauche, mais aussi sur l’investissement et la prévention.
Son report est une (petite) victoire. Je m’en réjouis, mais le sujet n’est pas pour autant écarté. Nous resterons donc pleinement mobilisés.
Car au-delà des AT-MP, une question plus large se pose : comment demander à notre filière de recruter massivement dans les années qui viennent si, dans le même temps, le coût du travail ne cesse d’augmenter ?
Préservation des allègements de cotisations, apprentissage, évolution des prélèvements applicables aux employeurs : chacun de ces arbitrages compte dans un secteur où l’humain constitue, par définition, la première richesse, mais également le premier poste de dépenses.
Je connais les contraintes qui s’imposent aux finances publiques. Il ne s’agit pas de les nier. Mais il faut regarder devant nous : le vieillissement de la population va nécessiter davantage de professionnels, en établissement comme à domicile.
À l’aune des échéances à venir, je défendrai ce message auprès du gouvernement et des parlementaires : protéger l’emploi dans le secteur du grand âge, c’est aussi se donner les moyens de répondre aux besoins de demain.
Jean-Christophe Amarantinis, président du Synerpa