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À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, les acteurs du grand âge entendent faire du vieillissement une priorité nationale. Mercredi 14 octobre, la cinquième édition de la mobilisation « Les Vieux méritent mieux ! » a rassemblé 34 200 personnes à travers la France. Aux côtés de 19 autres fédérations et organisations, le Synerpa a pris part à cette mobilisation pour appeler les pouvoirs publics à engager des réformes structurelles et à apporter des réponses concrètes aux difficultés du secteur.

 

Un secteur confronté à des difficultés structurelles

Cette mobilisation intervient dans un contexte de fortes tensions pour les établissements et services accompagnant les personnes âgées.

Selon une enquête menée auprès de 1 650 directeurs d’établissements et services médico-sociaux en octobre 2026, 57,6 % des structures interrogées anticipent un résultat déficitaire, avec un déficit moyen de 119 000 euros. Par ailleurs, 70 % déclarent manquer de personnel, avec en moyenne 3,1 équivalents temps plein vacants.

Ces difficultés s’inscrivent dans un contexte de vieillissement accéléré de la population. Au cours des cinq prochaines années, le nombre de personnes âgées de 75 à 84 ans devrait progresser de 12 %, tandis que celui des plus de 85 ans augmenterait de 14 %. D’ici 2040, 300 000 personnes supplémentaires devraient se trouver en situation de forte perte d’autonomie.

Face à ces perspectives, les organisations mobilisées alertent sur la nécessité d’anticiper dès aujourd’hui les besoins futurs d’accompagnement.

 

Dix propositions pour préparer l’avenir du grand âge

Réunies autour de revendications communes, les 20 fédérations et organisations appellent à une réforme ambitieuse des politiques du grand âge, structurée autour de trois priorités : le financement et la gouvernance, les droits des personnes accompagnées et l’adaptation de la société au vieillissement.

Parmi les mesures défendues figurent notamment l’adoption d’une loi de programmation pluriannuelle et une augmentation progressive de l’effort national consacré au grand âge, à hauteur de 15 milliards d’euros supplémentaires par an.

Les organisations demandent également la restitution des 215 millions d’euros gelés en 2026 au titre de la réserve prudentielle, ainsi qu’un renforcement des moyens humains. Selon les objectifs présentés par le collectif, 100 000 recrutements supplémentaires seraient nécessaires d’ici 2032 pour répondre aux besoins futurs.

Au-delà des moyens financiers, les propositions portent également sur la liberté de choix du lieu de vie, l’accessibilité financière des différentes formes d’accompagnement, la prévention de la perte d’autonomie et l’adaptation des logements et des territoires au vieillissement.

 

Le Synerpa plaide pour un véritable choc de simplification

Représenté lors de la conférence de presse par Nicolas Hurtiger, président du Synerpa Domicile, le Synerpa a particulièrement insisté sur la nécessité d’alléger les contraintes administratives et réglementaires qui pèsent sur les professionnels.

Au fil des crises sanitaires, climatiques ou de confiance, les réponses réglementaires se sont accumulées, entraînant une complexification progressive du fonctionnement des établissements et services.

Pour le Synerpa, la multiplication des procédures, les injonctions contradictoires et le manque d’interopérabilité des systèmes d’information constituent autant de freins à l’efficacité des organisations et à la qualité de l’accompagnement.

L’enjeu est de redonner aux professionnels du temps pour leur mission première : accompagner les personnes âgées. Cette simplification doit aller de pair avec des moyens supplémentaires pour répondre aux besoins croissants du secteur.

Le Synerpa poursuivra sa mobilisation aux côtés de l’ensemble des fédérations et organisations engagées pour que le vieillissement trouve enfin toute sa place dans les priorités des politiques publiques.