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Notre engagement n’est pas une ressource inépuisable

 

Une fois encore, les entreprises sont appelées à contribuer à l’effort budgétaire national. Une fois encore, c’est le coût du travail qui sert de variable d’ajustement. Ces derniers mois, notre secteur a accumulé les mauvaises nouvelles : conditionnement des allègements de charges sur les bas salaires, suppression des exonérations pour les personnes accompagnées à domicile âgées de 70 à 80 ans, et désormais gel des allègements de charges alors même que le SMIC continue d’augmenter. À chaque fois, le même discours : l’impact serait limité. À chaque fois, la même réalité sur le terrain : une hausse supplémentaire des coûts pour des entreprises qui exercent déjà leur activité dans un environnement extrêmement contraint

La question mérite désormais d’être posée clairement : jusqu’où ira-t-on ? Comment demander à un secteur en tension permanente de recruter davantage lorsque le coût du travail ne cesse d’augmenter ? Comment appeler de ses vœux la création d’emplois, l’amélioration de l’attractivité des métiers et le renforcement de l’accompagnement des personnes âgées tout en fragilisant chaque année un peu plus les employeurs qui portent ces missions ? Le paradoxe est saisissant.

D’un côté, la France cherche à attirer les investisseurs internationaux et à promouvoir son attractivité économique. De l’autre, les entreprises déjà implantées sur le territoire voient leurs charges progresser continuellement, sans visibilité ni compensation suffisante. Pour le secteur du grand âge, cette situation est d’autant plus difficile à accepter que nous ne sommes pas des entreprises comme les autres. Nos tarifs sont largement encadrés. Nos financements dépendent des décisions publiques. Nos marges de manœuvre sont limitées par la réglementation, l’inflation et les réserves prudentielles. Lorsque le coût du travail augmente, nous ne pouvons pas simplement répercuter cette hausse sur nos prix.

 

C’est pourquoi le SYNERPA demande que les arbitrages de la campagne budgétaire prennent pleinement en compte le coût du gel des exonérations de charges et des revalorisations successives du SMIC. Les financements accordés au secteur doivent couvrir les charges nouvelles qui lui sont imposées.

Soyons clairs : notre combat n’est pas celui du moins-disant social. Bien au contraire. Nous souhaitons mieux rémunérer les professionnels du grand âge. Nous souhaitons rendre nos métiers plus attractifs. Nous souhaitons offrir davantage de perspectives de carrière à celles et ceux qui accompagnent nos aînés au quotidien.

Mais cela suppose une cohérence des politiques publiques. À l’heure où la France se prépare à débattre de son avenir, le Synerpa fera tout pour que le coût du travail et l’attractivité des métiers sous tension fassent l’objet d’un réel débat. Pour notre secteur, ce débat n’est plus une option. C’est une absolue nécessité.