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Nous sommes d’accord avec l’État, l’attractivité des métiers du grand âge est un enjeu majeur, et pourtant…

 

Depuis 2021, les revalorisations salariales portées par le Ségur n’ont pas été financées selon les mêmes règles pour tous. Selon le statut juridique de l’employeur, les mêmes professionnels, qui exercent les mêmes métiers, auprès des mêmes personnes âgées, ne bénéficient pas des mêmes primes. Cette rupture d’égalité n’est pas un détail administratif : elle creuse, chaque mois, un différentiel qui fragilise structurellement l’attractivité de notre secteur et notre capacité à attirer des candidats et à fidéliser nos équipes.

À ces inégalités de traitement s’ajoutent des menaces nouvelles. L’article 20 de la LFSS fait peser sur nos établissements un risque de 44 millions d’euros de cotisations supplémentaires, dans un secteur déjà structurellement déficitaire. En parallèle, les financements de la formation professionnelle s’effondrent – le dispositif de promotion professionnelle est passé de 30 à 2 millions d’euros – et l’apprentissage, qui avait connu une dynamique historique, se trouve aujourd’hui menacé par une instabilité normative qui pourrait faire disparaître jusqu’à 65 000 contrats. Et comme si cela ne suffisait pas, la remise en cause du crédit d’impôt services à la personne (CISAP), seul outil fiscal permettant de solvabiliser la dépendance à domicile, est de nouveau d’actualité en vue du prochain budget.

Comment afficher une stratégie nationale d’attractivité des métiers du soin d’un côté, et tailler dans les outils qui la rendent possible de l’autre ? C’est la question que nous avons posée hier au cabinet du ministre du Travail. Une seule réponse : des économies à réaliser et si vous avez des propositions, n’hésitez pas à nous les transmettre…

Cette logique comptable ne peut pas s’appliquer à notre secteur. Il en va de la responsabilité de l’État face au choc démographique à venir. À l’heure des choix, nous sommes pleinement mobilisés pour vous défendre. Nous ne lâcherons rien.

Jean-Christophe Amarantinis, Président de Synerpa